Quelques grands mafieux ayant marqué les Etats-Unis

Quelques grands mafieux

 

Arnold Rothstein

(17 Janvier 1882 - 4 Novembre 1928)

Arnold Rothstein était l'un des plus grands mafieux que les Etats-Unis aient connu. Sous l'aile de Monk Eastman, il commença sa carrière adolescent comme gambler (joueur professionnel de cartes, dés et billard). A 20 ans, il devient bookmaker (preneur de paris sportifs et politques) avec l'aide d'un politcien du Parti démocrate de l'époque jusqu'à acquérir sa propre maison de jeu sept ans plus tard. Il en rachetait et en revendait dans la ville de Saragota (Etat de New York) qui devint alors son domaine et dont les autorités locales furent corrompues par ce dernier. Dans les années 1910 il était devenu l'intermédiaire incontesté entre le monde politique, des affaires, ainsi que celui du crime. Il participa à des opérations de courtages illégales mais extrêmement lucratives, s'associant avec des politiciens et des avocats. Sa notoriété nationale dans le milieu du jeu était notamment dûe à une technique lui permettant de faire en sorte de baisser fortement les chances de remporter le jackpot aux autres joueurs. Il récoltait les gains que les autres bookmakers partageaient alors avec lui. Il est la source d'une affaire légendaire où il corrompu les joueurs de Chicago (alors équipe favorite) pour la finale de baseball de 1919; la justice ayant blanchit Rothstein à ce propos, il ne fut pas condamné. Il devint le premier financier de la pègre ainsi que le premier promoteur des bootleggers (traficants d'alcools) durant la Prohibition. Les gangsters rivaux étant devenus ses obstacles, il engagea des hommes de main pour protéger ses convois tels que Meyer Lansky, Bugsy Siegel, Lucky Luciano, Franck Costello ou encore Lepke Buchalter, ce qui lança leur carrière à tous. C'est après s'être lancé dans le trafic de drogues, qu'il fut assassiné dans un hôtel new-yorkais.

 

Johnny Torrio

(Février 1882 - 16 Avril 1957)

Adolescent à New York et enchaînant les petits boulots, il finit par devenir le chef d'une petite bande dans le Lower East Side. Grâce à l'argent qu'il a gagné avec "sa bande", il ouvra sa salle de jeux clandestine. Il fut ainsi remarqué par Paul Kelly, le chef du Five Points Gang dont Torrio devint le Second. Il apprit de Kelly la diplomatie et la façon de se tenir en tant qu'homme d'affaire. Il commença à s'enrichir grâce à ses réseaux de paris, loteries, prostitution, trafics de drogues et autres prêts usuriers. Parmi les adolescents qu'il embauchait pour faire ses commissions il remarqua Alphonse Gabriel Capone, un jeune prometteur qu'il engagea comme barman et videur dans un bar appartenant à Frankie Yale, un de ses associés. En 1909, l'oncle par alliance de Torrio, Big Jim Colosimo (grand mafieux de Chicago possédant des maisons closes et impliqué dans des trafics d'être humains) l'appela à l'aide car il était menacé par des mafieux de la Mano Nera (retrouvés morts après l'acceptation de Torrio). Dès lors, Johnny Torrio s'installa à Chicago où il ouvrit un bar aux activités illégales, le Four Deuces, en 1919.  Torrio fit venir Al Capone à Chicago en 1918 qui devint son lieutenant. Il confia donc à Frankie Yale la gestion de ses activités à New York. Quand la Prohibition fut instaurée, Torrio perçut les possiblités de faire d'immenses profits et voulu impliquer son oncle dans le bootlegging (trafic d'alcools) mais ce dernier refusa et Torrio ordonna à Yale de l'abattre en 1920, le commanditaire hérita de l'empire de maisons du défunt. La mafia de Chicago surnommé The Outfit (l'Equipe) se heurta au gang irlandais de Dion O'Banion dont il ordonna l'exécution à Frankie Yale en 1924. Un des amis de O'Banion tira sur Torrio en Janvier 1925 qui s'en sortit et purgea un an de prison pour avoir violé la Prohibition. En sortant de prison, choqué par l'ascension de la violence criminelle et par la façon dont Al Capone, son lieutenant, dirigeait les opérations, Torrio décida de mettre un terme à sa carrière en partant en Italie, légant tout à Al Capone. Il ne revint aux Etats-Unis que dans les années 1930 où il joua un rôle important dans l'élaboration du Syndicat du crime (ou Commission). Plus tard, il fut cité dans le procès d'Al Capone. S'étant retiré à New York, il mourut d'une crise cardiaque dans un hôpital.

 

 

 

Alphonse Gabriel Capone

(17 Janvier 1899 - 25 Janvier 1947)

Il rejoint dans sa jeunesse le célèbre Five Points à New York. Al Capone, surnommé "Scarface" (à cause de sa cicatrice) est de loin le plus cèlèbre des gangsters italo-américains des années 1920-1930. C'est un des personnages qui a contribué à donner à Chicago sa triste réputation de ville sans foi ni loi. A 31 ans, il est l'homme le plus puissant de Chicago, alors que son mentor Johnny Torrio lui ai tout légué. Son revenu net tiré des rackets et du proxénétisme était estimé à six millions de dollars par semaine. Il a amassé une fortune immense (105 millions de dollars) grâce à l'exploitation de bars clandestins, de boîtes de nuit, de poissoneries et de boucheries. Ses méthodes d’intimidation étaient telles que, faute de témoins à charge, il ne fut jamais poursuivi, même pour des crimes notoires. Il fut le commanditaire du massacre de la Saint-Valentin (considéré comme le dernier épisode de la guerre des gangs de Chicago). Al Capone a été transféré dans la célèbre prison d'Alcatraz en 1934 (San Francisco, Californie). Il mourut chez lui d'une crise cardiaque le 25 Janvier 1947 et fut inhumé aux côtés de sa famille dans un cimetière près de Chicago.

 

 

Charles "Lucky" Luciano

 

(24 Novembre 1897 - 26 Janvier 1962)

Lucky Luciano, l'un des plus grands criminels que le monde ait connu, est né sous le nom de Salvatore Luciana en Sicile. Il commença par le vol à l'étalage et le racket de jeunes juifs, c'est ainsi qu'il rencontra Meyer Lansky. Lorsque les Etats-Unis s'engagèrent dans la Première guerre mondiale, il sut tirer profit de la situation en contrôlant les docks de New York, ce qui intéressa les Services Secrets. Conformément au marché passé avec les Services Secrets, Luciano, après avoir bénéficié de conditions de détention plus clémentes, fut libéré une fois la guerre terminée. En 1920, il était contrebandier important en association avec Bugsy Siegel et Meyer Lansky. En 1931, Lucky Luciano fonda le Syndicat du crime, le corps dirigeant de la mafia aux Etats-Unis. La même année, il fut condamné  à trente ans de prison pour avoir participé à l'organisation du massacre de la Saint-Valentin. Grâcié en 1945, il quitte les Etats-Unis et s'installe en Italie. Dès lors, le trafic d'héroïne entre l'Amérique et l'Italie augmente, personne n'a pu prouvé sa culpabilité. Au début des années 1960, il entra en conflit avec Meyer Lansky qu'il supçonnait de détourner des sommes qui lui étaient dûes. Il fut certainement le criminel dont l'influence historique fut la plus considérable. En janvier 1962, Lucky Luciano fut terrassé par une crise cardiaque à l'aéroport de Naples.

 

Benjamin Siegelbaum

(28 Février 1906 - 20 Juin 1947)

Benjamin "Bugsy" Siegel était un grand mafieux américain proche de Meyer Lansky. Son surnom Bugsy signifiant « le dingue », faisait référence à son tempérament cruel avec les ennemis mais cependant séduisant avec les femmes. Dans sa jeunesse, il rencontra Meyer Lansky et ils formèrent le Bug and Meyer gang, une bande de juifs opposés à des gangs italiens et irlandais. Ces deux personnages ayant des qualités qui se complètent ("gros bras" et le "cerveau")., ils formèrent un duo efficace et productif. Outre les rackets, il était spécialisé dans les trafics de stupéfiants et d'alcools pendant la Prohibition aux Etats-Unis. En 1937, la situation de Siegel à New York était périlleuse puisque poursuivi par un procureur. Par conséquent et sur conseil de Meyer Lansky, il fut envoyé en Californie par la Commission où elle n'était pas implantée. Les rencontres que Bugsy Siegel fit là-bas furent très lucratives pour le Syndicat puisque l'une d'entre elles (Mickey Cohen) avait le contrôle des syndicats du cinéma, ce qui lui permettait de racketter les grands studios. Siegel obtint sa réputation de gangster quand la presse parla de lui pour une affaire l'ayant impliqué dans Murder Incorporated (organisation du Syndicat du crime considérée comme seul juge de l'assassinat de membres de la Commission ayant commis une faute). Au début des années 1940, Siegel est un élément majeur à l'expansion des réseaux nationaux sur les paris sur la côte Ouest, priviliégiant la Trans America (contrôlée par l'Outfit de Chicago) à Continental Wire Service. En 1945, Bugsy Siegel s'intéressa à Las Vegas, un petit village perdu dans le désert. Le Nevada venait d'adopter une législation autorisant les paris et les jeux d'argent. Il ne fut pas le premier à construire un casino mais celui qu'il fit bâtir en 1946 : the Flamingo, est un établissement très luxueux et fut la première étape de la fondation d'une oasis de divertissement au milieu de nulle part. Cette entreprise attira les intérêts du Syndicat qui se mit à investir dans ce milieu par l'intermédiaire de Meyer Lansky. Siegel a commencé à mal gérer le business du Flamingo et contracta une dette de plus de six millions de dollars. Lors d'une réunion mafieuse à La Havane, la Commission décida de faire exécuter Bugsy Siegel malgré les réticences de Lansky, son vieil ami. Il fut ainsi exécuté dans sa villa à Hollywood alors que le Flamingo connaissait son apogée.

 

Meyer Lansky

Meyer Lansky

(4 Juillet 1902 - 15 Janvier 1983)

Meyer Lansky était un grand mafieux américain proche de Lucky Luciano et Bugsy Siegel avec qui il était ami et en affaires.  Etant enfant, il cottoyait des jeunes juifs et rencontra Lucky Luciano alors qu'il rackettait ses amis juifs. Il organisait des gangs de juifs contre les gangs irlandais et italiens. C'est ainsi qu'il rencontra Bugsy Siegel avec qui il forma le Bug & Meyer gang. Ensemble ils rackettaient des commerçants et volaient des voitures. Arnold Rothstein, grand bookmaker (preneur de paris) et financier de la mafia, lui proposa de participer à son réseau de bootleggers (traficants d'alcool) avec Lucky Luciano en 1921. Cette collaboration avec Luciano rapprocha Lansky avec la mafia italienne. En outre, son business de trafic d'alcools qu'il entreprenait avec son ami Bugsy Siegel et le grand mafieux Franck Costello lui permit d'acquérir une grande fortune et de se faire un nom dans le milieu. Il était très intelligent et hérita de son surnom "Mastermind of the mob" (Le cerveau de la mafia). Doué en mathématiques, il géra la comptabilité de leurs affaires. Lansky fut de bon conseil pour Lucky Luciano pendant la guerre des Castellammarese (conflits entre les deux principaux parrains de New York), c'est dès lors que Luciano décida de donner une place dominante à Lansky quant à l'élaboration du Syndicat du crime. Lorsque la Prohibition s'acheva, il a corrompu le gouverneur de Louisiane afin qu'il laisse les mafieux de New York exploiter les hôtels-casinos de la Nouvelle-Orléans. Il fit de même en Arkansas, dans le Kentucky et en Floride, à Miami, où il fallut soudoyer beaucoup plus de monde pour se faire accepter. Il prit également le contrôle d'hôtels-caisnos à La Havane, sous les encouragements du dictateur Batista dans les années 1940. Mais il participa surtout à l'élaboration de la ville de Las Vegas avec Bugsy Siegel par la construction de son premier hôtel-casino. Ces deux mafieux sont à l'origine de la première ville hôtelière des Etats-Unis à la renommée mondiale. Placé sous surveillance par le FBI en 1970, il quitta les Etats-Unis pour Israël (dont le premier ministre refusa l'immigration), puis la Suisse (où il possédait des comptes bancaires importants) et le Paraguay d'où il fut explusé par le gouvernement. C'est après ce long périple qu'il revint en Floride où il fut arrêté par le FBI pour racket. Malgré toutes ses inculpations, Lansky n'est jamais allé en prison grâce à ses connaissances. Meyer Lansky est mort d'un cancer en 1983, légant sa fortune à un avocat de Miami.

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Commentaires (2)

1. Missana(-Fournel) Eric, Jean, Marie 19/08/2013

Notre "Mafia" ne dit jamais sont nom, mais elle est universelle... Même le mot "mafia", nous évitons de l'utiliser, nous préférons dire "organisation universelle"; ça y est j'en ais trop dit... Vive le "tant que ça mousse!"... Votre article est bien! Rien à dire!

2. Missana(-Fournel) Eric, Jean, Marie 20/08/2013

Pour notre méthode de recrutement, c'est nous qui venons à vous et non pas le contraire... Ah! Là, "ça ne mousse plus!"...

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